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Dans le village de Rasquera, en Espagne, la crise a fait des dégâts. Routes fissurées, bâtiments en construction laissés à l’abandon. C’est la désolation. Mais un plan de sortie de crise pour le moins original vient d’être proposé par le maire. Pour renflouer les caisses, il compte planter du cannabis. Bonne nouvelle ?
« Il faut être imaginatif et écouter quelle est la réalité de la société. Je suis convaincu que ce ne sont ni les Etats, ni les gouvernements, ni les banques qui vont nous sortir de la crise. » Bernat Pellisa n’est pas genre à s’en laisser raconter. Et pour être imaginatif, on peut dire que le maire de Rasquera, un petit village de la province espagnole du Tarragonais, a été imaginatif lorsqu’il a proposé au vote de son conseil municipal, le 29 février 2012, un projet de culture de cannabis. Un projet validé par la majorité des élus. Mais qui a rapidement semé la zizanie au sein de la population. Jusqu’à ce mardi, date à laquelle était organisé un très sérieux référendum sur la question. Résultat des votes : à la sortie des urnes, 56,8% des bulletins affichaient un « oui à la culture de marijuana » !
Rembourser la dette en seulement 2 ans
Une idée qui peut sembler folle mais qui a été bien réfléchie. « J’y ai passé quelques nuits blanches », assure Bernat Pellisa. Et au bout du compte, son plan de sortie de crise est simple. La ville va louer 7,5 hectares de terrain à l’Association barcelonaise de consommation privée de cannabis (ABCDA) et lui permettre d’y cultiver du chanvre indien. Une opération qui devrait rapporter à Rasquera quelques 600 000 euros par an. De quoi renflouer les caisses du village en à peine 2 ans. Mais également créer quelques 40 emplois au cœur du village. Pour Bernat Pellisa, tous les moyens sont donc bons pour se refaire une santé financière. « D’autant qu’il s’agira d’une production à but thérapeutique et sous contrôle médical », souligne le maire de Rasquera.
Un vent de révolte
Pendant ce temps là, l’opposition municipale s’insurge. « Il y a d’autres solutions. On peut développer l’industrie, installer des éoliennes. Il existe plein d’alternatives », soutient Marcis Farnos, un ancien élu de Rasquera. Quant au Ministre de l’Intérieur du gouvernement de la Generalitat de Catalogne, il s’indigne à l’idée que la volonté de la population puisse modifier le code pénal. Rappelons toutefois que la loi espagnole autorise la culture du cannabis dans la limite d’un usage personnel dans des lieux privés ainsi que sa consommation à des fins thérapeutiques.
Le dossier épineux est désormais entre les mains de la justice qui devra trancher sur la légalité du projet. Et vous, NewZitiveurs, vous en pensez quoi ? Cultiver du cannabis pour contrer la crise, c’est une bonne nouvelle ?
Anneliese Still, pour newzitiv.com

