Hyperphotographie… Vous connaissez ? Inventée par Jean-François Rauzier en 2002, cette technique artistique mêle assemblage de photos et traitements numériques. Envie d’en savoir plus ? Bonne Nouvelle, ce concept original s’expose à Versailles au musée Lambinet jusqu’au 22 avril 2012. Visite guidée avec deux graphistes, passionnés du web et de nouvelles technos.
Découvert au hasard d’un e-mail événementiel, notre première rencontre avec l’hyperphotographie s’est faite sur internet. Sur notre écran, des photos ultra détaillées dans lesquelles on plonge littéralement d’un simple clic de souris. Bluffés et captivés par la vision de ces images, notre curiosité nous a poussés à aller voir plus loin. En haut à gauche, un nom. On clique. Là, sur le site web de l’artiste, Jean-François Rauzier, apparaissent une myriade de photos toutes aussi stupéfiantes les unes que les autres. Le zoom est fluide, les photos de grande taille. Surpris puis étonnés, happés par les effets visuels et la plongée au coeur des images, tout à coup, une question, mais comment est-ce possible !?
Nous saisissons une belle occasion, l’expo « Hyperversailles » pour mener l’enquête.
Comment de telles oeuvres virtuelles peuvent-elles se mettre en scène dans le réel ? Nous voici dans un lieu, une somptueuse batisse du XVIIIe siècle qui contraste fortement avec la thématique des oeuvres qu’elle abrite : l’hyperphotographie. Un peu à l’image des expos de Kuntz ou Murakami qui ont animé le château de Versailles, la polémique en moins.
La ville du roi soleil en mode hyperphoto
Au musée Lambinet, le parquet craque sous nos pieds, les cheminées sont de marbres. Dans ce lieu chargé d’histoire, la première oeuvre se dresse fièrement devant nous. Un panneau, d’environ 2 mètres par 3. Saisissant ! Toutefois, après notre expérience sur le web, on s’attendait à quelque chose de plus… technologique, avec des écrans, des bornes interactives… Mais rien de tout ça. Rapide regard circulaire. Des photos géantes de différentes architectures. Deux à trois par pièce. Elles occupent tout l’espace. Au fur et à mesure de notre progression, on apprécie mieux le travail de l’artiste : l’infiniment petit dans une immensité. Plusieurs niveaux de lecture s’offrent ainsi à nos yeux ébahis. On se prend au jeu.
De loin, les effets de lignes de perspectives et de lumière nous attirent pour mieux nous faire plonger dans l’image. On se rapproche. Incroyable ! Le curseur de la souris, c’est nous ! Les personnages, les objets, les motifs…Tout est si net. Oh ! Bach, Gainsbourg, Mozart, Jimmy Hendrix, Vanessa Paradis, Prince… et encore tout plein d’artistes et de grands Hommes dissimulés ça et là dans ce panneau. Là ! Dans un autre panneau, Molière ! Il nous fait face, confortablement installé dans un fauteuil de théâtre, avec sur le nez des lunettes anaglyphes 3D (un côté rouge/un côté bleu)… Petit clin d’oeil anachronique à nos nouveaux usages culturels ? Et sur cet autre panneau ! Les animaux des fables de La Fontaine ! Ils sont si savamment intégrés dans cette composition d’images représentant l’Orangerie du château de Versailles, qu’ils semblent nous apparaître les uns après les autres… Autant de petits détails sur lesquels on s’attarde avec plaisir.
Entre utopie et réalité : la technique expliquée
Changement de salle. Jean-François Rauzier nous invite au voyage. Dubaï, New York, Venise… Décors réels mêlés de reproductions fantasmagoriques d’images, de perspectives, de plans et de lumières habilement disposés. Architectures, passages, tout est transformé. On s’interroge. Comme pour nous répondre, sur une plaque en lettres dorées, ces quelques mots de l’artiste : « J’ai étudié des utopies architecturales et je me suis mis à construire mes villes idéales. J’ai ce besoin de rêver les choses, de créer un monde onirique ».
Une dernière salle. Et… oh ! Surprise ! On se retrouve nez à nez avec l’artiste, enfin avec sa vidéo. Il nous explique son travail et nous décrypte sa méthode. On apprend ainsi qu’il utilise jusqu’à 600 photos par panneau, les dupliquent, les transforment, les assemblent pour donner ces multiples effets de profondeur. Impressionnés, nous prenons toute la mesure et l’ampleur de sa tâche. Admiratifs, on a de cesse de se représenter le temps qu’il a fallu pour créer de telles compositions. Remis de nos émotions et riches de la découverte des techniques utilisées par l’artiste, nous ne pouvons nous empêcher de revenir sur nos pas pour observer ses oeuvres avec un regard neuf.
Bref, on en a pris plein les yeux même si cette expo nous laisse comme un goût de trop peu…
« Je souhaite que l’on regarde chacune de mes oeuvres comme un spectacle » dixit Jean-François Rauzier sur une plaque apposée au mur. Pari gagné pour l’artiste.
Alors, NewZitiveurs, laissez-vous aussi tenter par ce voyage surprenant qu’est l’hyperphotographie. Gageons que vous n’en reviendrez pas indifférents.
Nathalie L. et Damien D, pour newzitiv.com
crédits photos : Damien D.
Pour aller plus loin avec l’artiste
« Hyperversailles » de Jean-François Rauzier
Musée Lambinet de Versailles
du 28 janvier au 1er avril 2012
54 boulevard de la Reine 78000 Versailles
Tel : +33 (0)1 39 50 30 32
Son site internet : www.rauzier-hyperphoto.com/
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